vendredi 9 avril 2010

La journée du 9 avril 1938

Les « événements du 9 avril 1938 » sont la preuve de la conscience et de la maturité du peuple tunisien.

Un vent d'espoir se lève en Tunisie suite à l'arrivée de Léon Blum et son front populaire au pouvoir en France et qui s'engage à négocier avec les nationalistes , Le négociateur Pierre Viénot arrive à Tunis le 1er mars 1937 et évoque la possibilité d'accorder aux Tunisiens plus de droits. Le Néo-Destour accueille favorablement cette main tendue.

Néanmoins et dès le retour de Viénot , la résidence générale , sans doute poussée par un lobby colonialiste ,durcit sa politique de répression . La chute du Front populaire et le durcissement de la politique de la résidence générale finissent par achever le rapprochement franco-tunisien . Le Néo-Destour retire sa confiance au gouvernement français et la grève générale est annoncée pour le 20 novembre 1937. Étonnamment , Mahmoud El Materi , président du Néo-Destour, présente sa démission le 13 janvier 1938 pour signaler son désaccord avec la ligne dure tracée par Bourguiba.

Le 10 mars, Ali Belhouane, donne une conférence devant 700 élèves sur le rôle de la jeunesse dans le processus de la libération . 3 jours plutard, le Conseil national du Néo-Destour durcit encore sa ligne de conduite en appelant à la poursuite des manifestations et au non paiement des impôts. Belhouane est congédié du Collège Sadiki .

Surveillant de près tout ce qui se passe , les autorités du protectorat arrêtent des cadres du néo-destour à l'instar de Hédi Nouira et de Salah Ben Youssef , accusés d'incitation à la haine raciale et d'atteinte aux intérêts de la France en Tunisie. le Néo-Destour répond le 7 avril par l'organisation d'une manifestation devant le palais beylical . Mongi Slim, membre du Conseil national du Néo-Destour, parvient même à rencontrer le bey afin qu'il intercède en faveur des responsables emprisonnés. Le 8 Avril , le Néo-Destour surprend la résidence générale par une grève générale . Le même jour, une grande manifestation conduite par Slim et Belhouane part d'Halfaouine et se dirige vers le siège de la résidence générale. Belhouane harangue les quelques 10.000 manifestants : « Nous sommes venus aujourd'hui démontrer notre force [...] celle de la jeunesse qui ébranlera le colonialisme [...] Le parlement tunisien ne sera créé que par le martyr des militants et les sacrifices de la jeunesse... » mais là encore , El Materi préfère la manière douce et arrive à disperser les manifestants , Néanmoins Mongi Slim annonce l'organisation d'une deuxième manifestation pour 10 avril.

Entre temps, le juge d'instruction convoque Belhouane le 9 avril. Une foule immense se rassemble alors devant le Palais de justice où les forces de l'ordre ,peut être impressionnées par le nombre ,perdent leur sang froid et tirent en l'air afin d'effrayer les manifestants. ceci n'aura comme effet que le déchaînement de la foule , la police finit par tirer sur elle en tuant 22 personnes en en blessant 150 autres . Le résident général instaure l'état de siège . Le lendemain, Bourguiba et Slim sont arrêtés et traduits, avec le reste des dirigeants du Néo-Destour, devant le Tribunal militaire pour complot contre la sûreté de l'état. Le Néo-Destour est déclaré hors la loi le 12 avril et toute son activité suspendue. Les militants du Néo-Destour n'auront d'autres choix que d'entrer dans la clandestinité !

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